HexaFlow

6 nov. 2026 · 5 min

Changer de logiciel

Constructeur de maisons : facturer aux grandes étapes du CCMI et à la ligne pour le reste

Un contrat de construction de maison individuelle se facture par grands stades. Une extension se facture ligne par ligne. Les avenants doivent rejoindre le marché d'origine. Ce qu'un constructeur nous a décrit, et pourquoi son ERP ne suivait pas.

Un constructeur de maisons individuelles en ossature bois, dans le nord de la France, nous a reçus cet automne. Il avait changé d'ERP au printemps. Quelques mois plus tard, il voulait déjà en sortir.

Le devis et le suivi de chantier lui convenaient. La facturation, non. Il la jugeait « beaucoup trop compliquée » et surtout pleine de risques d'erreurs.

Son métier impose deux façons de facturer. Peu de logiciels les gèrent bien ensemble.

Le CCMI : des stades, pas des lignes

Un contrat de construction de maison individuelle (CCMI) se facture à l'avancement, par grands stades. Le dirigeant les cite dans l'ordre : début du chantier, fin des fondations, mise hors d'eau, mise hors d'air.

« Quand je facture un CCMI, je facture uniquement à l'avancement par grandes étapes. »

Chaque stade correspond à un pourcentage du prix total : 10 %, 25 %, 40 %. Ce pourcentage s'applique au devis entier. Personne ne veut saisir 40 % sur chacune des 100 lignes du devis pour obtenir le même résultat.

La facture qui en sort est courte. Elle reprend le devis initial, ses avenants et le stade atteint.

Le reste : la ligne par ligne

Le même constructeur fait aussi des extensions, des rénovations, des surélévations et des terrasses. Ces chantiers ne sont pas des CCMI.

Là, il facture à l'avancement réel de chaque ligne. 25 % sur l'ossature, 50 % sur la couverture. Ses devis dépassent parfois 100 lignes. Il facture en général une fois par mois.

Un même outil doit donc savoir faire les deux. Le type d'affaire (CCMI, extension, rénovation) décide de la façon de facturer.

Les avenants doivent rejoindre le marché

Le vrai point de friction était ailleurs. Dans son outil, chaque devis supplémentaire devenait une affaire à part. Sa comptable les traitait « les uns à côté des autres ».

Ce qu'il voulait est simple. Le premier devis accepté crée le marché. Chaque devis accepté ensuite devient l'avenant n° 1, puis n° 2, avec le rappel du numéro d'origine. Le montant du marché s'additionne.

« Je n'ai qu'une facture à faire. »

L'assiette de calcul bouge donc en cours de route. Un avenant signé entre la mise hors d'eau et la mise hors d'air doit être pris en compte dans l'appel suivant, sans calcul à la main.

Le type de contrat décide de la façon de facturer. Les avenants s'ajoutent au marché d'origine. Le logiciel doit suivre ces deux règles sans qu'on y pense.

Pourquoi les ERP du BTP accrochent

Le dirigeant avait passé plusieurs mois de 2025 à comparer les ERP du bâtiment, cahier des charges en main. Il avait choisi celui qui lui semblait le meilleur compromis.

Ces outils sont faits pour le plus grand nombre. Beaucoup sont pensés pour les entreprises qui répondent aux appels d'offres publics. Lui ne travaille que pour des particuliers, sur appel entrant. Il construit lui-même ses devis, toujours dans le même ordre de corps d'état.

Il a résumé ce qu'il entend autour de lui : « L'ERP sur étagère, c'est terminé, grosso modo. » Nous serions plus nuancés. Pour une petite entreprise, un logiciel du marché suffit souvent. Pour une entreprise mature dont le métier a ses propres règles, le compromis finit par coûter.

Ce que nous avons retenu pour la première brique

Il n'a pas voulu tout faire d'un coup. La brique minimale, pour lui, c'est le devis, le suivi de chantier et la facturation. Faire seulement les devis n'aurait pas de sens : il faudrait garder l'ancien ERP pour facturer.

Le CRM et le portail client viendront ensuite. Il a appelé le portail « la cerise sur le gâteau ».

Sa facturation électronique en sortie n'est pas un sujet : sa clientèle est faite à 100 % de particuliers. Elle le concerne pour les factures des fournisseurs, qui arrivent dans son outil comptable.

Le cas que nous connaissons bien

MBMO, maître d'œuvre en Vendée, facture aussi par étapes. Dans son outil, valider une étape de chantier génère la facture d'avancement dans le logiciel comptable et l'envoie au client. Le principe est le même : l'étape terrain déclenche la facture, personne ne la recalcule.

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